23 septembre 2013

the GazettE le 20 septembre 2013 au Trianon (Paris, FRANCE)

© the GazettE




Depuis 2007 les fans brûlaient d'impatience quant au retour de the GazettE en France. Le 29 mars 2013, presque six ans après le premier concert au Bataclan, les vœux étaient enfin entendus quand B7Klan a annoncé la bonne nouvelle. Avec la présence du groupe au festival russe Kubana durant l'été et la planification d'une tournée mondiale, the GazettE ne pouvait pas passer à côté d'une série de concerts sur le vieux continent, même si seulement trois pays étaient concernés pour cinq dates. Et cadeau pour la France ; pour son World Tour 2013, the GazettE faisait escale à Paris et Toulouse.

Cette fois, pour la date parisienne, une salle à la façade plus esthétique a été choisie. Le groupe montera ce 20 septembre 2013 sur les planches du Trianon pour la première date de l'étape 2 de la tournée, après s'être produit en Amérique du Sud. Ainsi, en cette journée ensoleillée, les fans venus des quatre coins d'Europe ont envahi le long trottoir du Boulevard Rochechouart, au grand dam des commerçants. Car tout comme en 2007, le sold out a été rapide malgré des tarifs jugés excessifs (60.50€ un ticket normal et 93.50€ un ticket VIP offrant un cadeau exclusif et un accès prioritaire). Si certains ont été mauvaise langue, beaucoup ont quand même mis la main au porte-monnaie pour être de la partie, dont environ 350 personnes avec le statut VIP. Quand on aime, on ne compte pas.

On passera sur l'entrée un peu bordélique des fans dans la salle, se précipitant pour se procurer les meilleures places en fosse ou aux balcons. Sur scène, on peut apercevoir une gigantesque banderole avec le logo de la formation. Les fans montrent leur impatience en tapant des mains et en appelant le groupe et quand 20 heures sonne, l'annonce des règles d'or se fait entendre. Pas de photos ni de vidéos (inutile de préciser que comme d'habitude, certains rebelles sortiront quand même téléphones et appareils photos, trop dur de résister), et pas de bousculades pour que tout le monde puisse passer un bon concert. En effet, quand on voit que quelques malaises ont déjà lieu alors que le concert n'a pas débuté, on comprend pourquoi on insiste sur ce point.

Il ne faut pas attendre plus longtemps avant que la salle plonge dans l'obscurité. L'intro techno [XI] de l'album DIVISION retentit et les membres du groupe entrent l'un après l'autre en scène, portant le visuel de FADELESS. Le démarrage se fait en trombe, the GazettE annonce la noirceur avec VORTEX, extrait de l'album TOXIC. Le public répond illico et est emporté dans un tourbillon de folie. the GazettE a décidé de frapper fort et met le public à genoux quand suivent LEECH et Before I Decay, accompagné de jeux de lumières dynamiques, flashants et parfois tournés vers les tons rouges, dont les faisceaux sont projetés dans toutes les directions.

Une première petite pause s'impose pour laisser le temps à RUKI de saluer le public par un "Bonjour Paris !" et de lui demander "Are you ready?" tandis que celui-ci reprend son souffle pour repartir ensuite de plus belle avec GABRIEL ON THE GALLOWS. Les titres tirés des albums plus récents, DIVISION et TOXIC, sont les plus nombreux dans la set list. Si ces albums n'ont pas toujours fait l’unanimité chez les fans, ce soir, VENOMOUS SPIDER'S WEB et DERANGEMENT mettent tout le monde d'accord. Y compris les ballades comme UNTITLED qui font régner un calme pesant où quasi personne n'ose ouvrir la bouche, bien que l'on aurait pas été contre les plus anciennes comme Cassis qui se fait toujours très rare en live. Et RUKI n'a pas l'air d'avoir apporté sa guitare, ce ne sera donc pas encore aujourd'hui qu'elle sera jouée sur le sol français.

Mais le concert va bon train et les titres défilent sans qu'on voie le temps passer. Le groupe doit juste faire face à quelques petits problèmes techniques passagers, notamment AOI et REITA qui font appel au staff. Le micro de RUKI est parfois impacté, sa voix ne parvenant pas toujours jusqu'à nos oreilles. Mais problèmes techniques ou pas, il en faut plus pour stopper the GazettE et certains titres réussissent à surprendre la foule grâce à une instru affligeante et au jeu de scène imposant de RUKI. Le chanteur fait ressortir les émotions et l'atmosphère des chansons à travers ses envolées vocales et sa gestuelle. On a droit au robot RUKI durant l'intro intrigante de THE SUICIDE CIRCUS, au RUKI égaré dans les ténèbres et tentant de chercher la lumière au début de DRIPPING INSANITY et au démon RUKI qui laisse entendre son rire diabolique pendant HEADACHE MAN. A côté, on retrouve AOI, URUHA et REITA qui enchaînent les solos déchaînés sur les plateformes en sautant en synchronisation avec le public qui ne manque pas d'headbanguer sans relâche au rythme des morceaux, en particulier les personnes situées aux balcons qui n'hésitent pas à prendre appui sur les rebords et les barrières. Puis n'oublions pas KAI qui, bien qu'il semble éloigné derrière sa batterie, joue avec enthousiasme tout en affichant un big smile.

Avec tout ça, pas besoin d'ajouter une grosse pyrotechnie digne d'un concert au Tokyo Dome. Les fans ce soir sont satisfaits et profitent pleinement du spectacle. En revanche, on regrette un peu que les pauses soient si longues pour si peu de dialogue. the GazettE aime se faire désirer mais the GazettE ne cherche pas plus à briser la barrière le séparant de ses fans étrangers. Le groupe communique avec eux mais garde malgré cela une certaine distance. Seul RUKI prend la parole ce soir et on apprécie tout de même les quelques mots en français, aussi simples soient-ils ("Bonjour", "Ça va ?", "Merci").

Après un dernier court blabla, le groupe décide de chauffer la fosse une bonne fois pour toute et d'augmenter la tension en annonçant SLUDGY CULT. En une poignée de notes, fureur, transe et frénésie prennent possession des âmes. Les membres se déplacent sur scène en enchaînant les solos et duos énergiques. Plus encore avec un titre synonyme d'une période lointaine : Crockroach. Enfin, quand AOI s'arme de sa guitare acoustique, on sait tout de suite ce qui nous attend : l'incontournable Filth in the Beauty. ​Ensemble, the GazettE et son armada chantent tout en sautant. Dernière série de headbang et vient ensuite le moment pour le groupe de se retirer une première fois.

Le temps pendant lequel les fans rappellent le groupe semble long. Chacun profite de ce moment pour sortir une feuille format A4 sur lequel est imprimé un cœur noir. Et quand les membres de the GazettE réapparaissent enfin sur scène, c'est surpris qu'ils découvrent ce petit cadeau, faisant des cœurs avec leurs mains et RUKI déclarant "Je t'aime".

Après ces belles paroles, RUKI annonce le rappel avec SHIVER qui est loin d'être le meilleur choix quand on sait que selon la tradition, c'est un bon Ride with the ROCKERS qui est à l'honneur. Mais the GazettE rattrape vite le coup avec les pistes suivantes. RUKI commence à hurler comme un dingue "I am, I am RUDER" avant que démarre la dite Ruder. Le groupe se déchaîne royalement, donnant le peu d'énergie qui lui reste. Pour finir sur de bonnes notes, rien ne vaut LINDA ~candydive Pinkyheaven~ où la foule tape des mains et effectue une dernière danse avant d'affronter le triste moment des au revoir.

En lisant l'émotion sur le visage des fans, certains ayant versé leur petite larme, on en conclut que ce concert marquant le grand retour de the GazettE en France était à la hauteur des attentes. En effet le groupe n'a plus grand chose à prouver aujourd'hui et a offert au Trianon un bon, même très bon show. Mais le concert était hélas bien court (1h30) et même si le spectacle s'est produit sans fautes, des petites surprises manquaient. La set list était bien agencée avec des titres extraits de DIVISION et TOXIC et certains plus anciens. Mais quand on connaît la lourde discographie du groupe et que chaque période a été marquée par des morceaux devenus cultes aujourd'hui, l'ajout de deux ou trois pistes supplémentaires aurait été appréciable. Nous n'aurions pas non plus été contre une performance live de FADELESS, dont le single est sorti très récemment en Europe, ou mieux, quelques titres inédits du prochain album Beautiful Deformity. Quoi qu'il en soit le public européen est ressorti heureux et on espère déjà qu'il ne faudra pas encore attendre six ans avant la prochaine tournée européenne ou mondiale.

Le 22 septembre, le groupe se rendait à Toulouse pour la seconde date française où le public bénéficiait d'un show aussi dantesque avec une set list différente de trois titres en la présence de Hyena, AGONY et Clever Monkey. Après deux shows en Allemagne, la première tournée mondiale se clôturait le 29 septembre à Helsinki. De retour au Japon, the GazettE entamera sa tournée hivernale Beautiful Deformity Magnificent Malformed Box pour promouvoir son nouvel album, comprenant un final CODA au Yokohama Arena le 11 janvier 2014.


SET LIST

[XI]
VORTEX
LEECH
Before I Decay
-MC-
GABRIEL ON THE GALLOWS
VENOMOUS SPIDER'S WEB
THE SUICIDE CIRCUS
DRIPPING INSANITY
UNTITLED
-MC-
DERANGEMENT
HEADACHE MAN
SLUDGY CULT
Crockroach
Filth in the Beauty

-ENCORE-

SHIVER
Ruder
LINDA ~candydive Pinkyheaven~


Remerciements au management de the GazettE et à Jan pour la photo.

Retrouvez la version anglaise de ce live report en cliquant sur l'image ci-dessus !

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