25 septembre 2013

Interview avec Kumisolo au Tokyo Crazy Kawaii

© † Parasite Scene † - Kimi


Samedi 21 septembre, alors que le festival Tokyo Crazy Kawaii bat son plein pour son deuxième jour, Parasite Scene a eu l’opportunité de rencontrer l’artiste Kumisolo. La femme japonaise a accepté de nous accorder quelques minutes pour répondre à une interview. Non loin de la scène en plein air, du brouhaha des stands et de l’odeur des spécialités japonaises, nous nous sommes installés et avons discuté de sa carrière, de son attrait pour la France et de ses influences musicales.


Bonjour Kumisolo. Merci de nous accorder cette interview. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Bonjour les lecteurs de Parasite Scene. Je suis Kumisolo et je suis musicienne japonaise à Paris.

Comment est née votre passion pour la musique ?
Ma passion de la musique est venue de ma mère qui écoutait de la musique des années 60 en provenance des Etats-Unis. Elle aime la musique un peu soul venue d’Amérique. Quand j’étais petite, j’adorais écouter ses vinyles et je crois que c’est ce qui m’a imprégnée de cette passion.

C’est ce qui vous a donné envie de vous tourner vers le métier d’artiste ?
Pas forcément, disons que c’est inconscient. Cela m’est venue comme ça. Ce n’est pas étrange dans le sens où j’écoutais cette musique quand j’étais petite. Quand j’écoute aujourd’hui cette musique ça me rappelle des souvenirs de jeunesse mais surtout la période où j’ai fait la découverte des idols des années 80 au Japon comme Seiko Matsuda. J’ai adoré ses chansons, comment elle les interprétait, sa présence et son image. Du coup, je voulais devenir un peu comme elle, mais en France.

Justement, pourquoi avoir décidé de vous installer en France en particulier ? Qu’est-ce qui vous a attirée dans ce pays ?
J’ai été attirée par la langue française parce que c’est une langue pratiquée dans plusieurs pays et parce que au Japon, disons que c’est plus original d’apprendre le français que l’anglais. Je me suis intéressée petit à petit et j’adorais déjà la chanson française des années 60, un peu yéyé... France Gall, Françoise Hardy, Gainsbourg... Mais Johnny Hallyday un peu moins par contre. (rires) Egalement le mari de Françoise Hardy qui s’appelle Jacques Dutronc et qui chantait Les Cactus. C’est ce genre de chansons que j’ai écouté et adoré. J’ai découvert aussi les films français et j’ai adoré cet univers.

Les cultures ne sont pas forcément les mêmes entre le Japon et la France. Cela n’a pas été trop difficile de vous intégrer ? Apprendre le français vous a-t-il paru difficile ?
J’ai d’abord fait quatre années d’études au Japon à la faculté et ensuite je suis venue en France après avoir terminé mes études. C’est vrai qu’au début les gens ne comprenaient pas trop ce que je racontais mais ils essayaient de me comprendre. J’ai la chance d’être entourée de bons amis qui me corrigent au fur et à mesure parce que si ce ne sont pas les bons, ils ne nous corrigent pas forcément. Mais j’ai des amis qui m’aident et c’est grâce à eux que je m’améliore tous les jours. C’est vraiment un voyage à travers cette langue et j’apprends tous les jours de nouveaux mots.

Vous parlez bien français en tout cas.
Merci. (sourire)

Vous écrivez pas mal de chansons en français. Vous préférez chanter en français ou en japonais ?
En fait, c’est étrange parce que quand j’étais au Japon et que j’apprenais le français justement j’essayais d’écrire en français. Du coup pour les japonais c’était un peu exotique. Ensuite quand je suis venue en France à Paris, j’ai commencé à faire de la musique avec les paroles en japonais parce que pour les français c’était exotique. Je suis finalement arrivée à une étape où je voulais que les spectateurs comprennent ce que je chante donc là je suis de nouveau en phase de chanter en français.

Quels sont les artistes français que vous appréciez ?
Comme je vous ai déjà cité, il y a France Gall et Françoise Hardy que j’apprécie beaucoup. Sinon j’ai découvert les artistes des années 80 en France ; Lio, Elli et Jacno et pleins de musiciens vraiment intéressants pour moi. Il y a un groupe qui s’appelle Les Deux composé d’un garçon et d’une fille, vraiment magnifique. C’est ce genre de personnalités qui m’inspire énormément.

Est-ce que vous aimeriez collaborer avec ces artistes si l’occasion se présentait ?
Carrément, oui j’adorerai. Ce serait génial !

Si vous deviez décrire votre univers musical en quelques mots ?
Pop et variété française.

Quelles chansons conseillerez-vous à quelqu’un qui ne vous connais pas pour vous découvrir ?
En premier Transport en commun bien évidement.
On comprend très bien pourquoi, surtout à Paris. (rires)
Oui c’est exact. (rires)

Comment se déroule la réalisation de vos morceaux ? C’est vous qui écrivez ?
Oui, je commence à composer sur mes synthés à la maison. Ensuite j’essaye de placer la boite à rythme et je fais écouter à des amis musiciens un peu plus calés et doués que moi. Du coup, ils vont s’occuper de l’arrangement pour que ça sonne plus professionnel et c’est comme ça qu’ont fait plusieurs allers et retours avec mes amis musiciens. Des fois, je me fais aider pour écrire les paroles en français.

Qu’est-ce qui vous inspire lorsque que vous composez vos chansons ?
C’est souvent la musique en elle-même. J’essaye de faire attention à ce qui se fait donc j’écoute pas mal de nouveautés ou et même des chansons passées. J’aimerai bien faire un peu la même chose à travers les films que je regarde. Il y a beaucoup de choses autour de moi qui m’inspirent.

Dernièrement, vous avez sorti un nouveau mini-album, La femme japonaise. C’est quoi pour vous la femme japonaise ?
C’est difficile à dire. C’est une femme qui est modeste, qui pense aux autres mais qui est forte en caractère. Sauf qu'elle ne le montre pas trop en public. Il y a quelque chose de très fort en elle.

Est-ce que vous retournez souvent au Japon ? Le pays ne vous manque-t-il pas ?
Si, ça fait deux ans que je n’y suis pas retourné et je suis curieuse de voir ce qui se fait musicalement là-bas en ce moment, même à la télé. Même chose pour la mode et le stylisme. Mais ce qui me manque surtout c’est le côté 24/24. Les restaurants qui sont tout le temps ouverts.

C'est vrai que nous n'avons pas ça en France.
Oui, quand on va prendre un verre avec des amis qu’à 10h, 11h du soir on peut toujours aller au restaurant prendre un ramen après. C’est ce qui me manque à Paris.

Avez-vous d’autres pays dans lesquels vous aimeriez jouer ou visiter ?
Je ne suis jamais allé en Corée du Sud. J’ai une très bonne amie coréenne. J’aimerai bien y aller avec elle. J’ai visité Taipei aussi avec une amie thaïlandaise photographe et originaire de Bangkok. Oui, un jour j’aimerai bien faire le petit cursus en Asie avec mes copines. J’ai une bande qui s’appelle Yellow Ghetto, nous sommes des amies originaires de différents pays d’Asie donc c’est vraiment curieux. Il y en a une qui vient de Hong Kong aussi. Donc un jour, J’aimerai bien faire une tournée de chaque pays avec elles. Pour ma part, je pourrai leur montrer le Japon et surtout Tokyo. C’est un de mes rêves.

Vous avez était invitée à la convention Tokyo Craizy Kawaii. Comment vivez-vous cette expérience ?
Personnellement, même pour moi-même c’est un peu drôle et étrange parce que c’est une petite partie du Japon qui est représenté, surtout Tokyo, mais ça reste démesuré. Je veux dire c’est assez caricatural et assez cliché mais si les jeunes français aiment, tant mieux.

Vous avez donné une performance hier. Comment avez-vous trouvé le public et l’ambiance ?
Les spectateurs étaient assez réceptifs. J’étais ravie d’avoir pu jouer à ce festival. Les gens sont assez enthousiasmes en général.

Si vous n’aviez pas fait de la musique. Quel métier auriez-vous exercé ?
J’aimerai bien devenir vidéaste ou graphiste.

Avez-vous des projets pour votre carrière musicale ?
Oui, j’aimerai bien faire un tube de noël comme Last Christmas de Wham, des choses comme ça, mais en français avec le bruit des petites clochettes.

Pour terminer, pourriez-vous laisser un petit message pour nos lecteurs ?
J’imagine que il n’y a pas beaucoup de monde qui écoute Kumisolo ou peut-être un petit peu. Mais n’ayez pas peur je chante en français, des fois en japonais et en anglais. C’est tout à fait joyeux. Je ne chante pas encore de génériques de mangas mais ce n’est pas grave on me le proposera bientôt. (rires)

Merci beaucoup Kumisolo !
A bientôt et merci.


Propos recueillis par Kimi et Sunako-Chan Tatji. Un grand merci à Kumisolo pour avoir accepté d'accorder du temps à cette interview.



1 commentaire:

  1. Merci pour l'interview, elle mérite vraiment de la reconnaissance ! C'est une vraie artiste !

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