13 juillet 2013

Japan Expo 14ème Impact : Partie 1

© † Parasite Scene † - Kimi


Comme tous les ans maintenant, Japan Expo revenait au Parc d'Expositions de Paris-Nord Villepinte pour quatre jours intenses avec ses centaines de stands et d'activités destinés à satisfaire tous les adeptes et grands passionnés de la culture japonaise. On y comptait bien sûr la J-musique avec ses artistes plus ou moins connus invités à faire leur show afin de rencontrer leurs fans français de longue date ou pour conquérir un nouveau public.

Parmi les invités, on retrouvait le groups d'idols °C-ute, invité d'honneur musical cette année, qui après avoir tenu une conférence de presse publique, a donné son concert à la Cigale de Paris. De son côté, le J.E. Live House réservait un programme varié avec entre autres du pop-rock, de la musique traditionnelle et du Visual Kei répondant respectivement aux noms de Aki Akane, Kao=S et NINJAMAN JAPAN. Retour sur ces trois performances.


Aki Akane

Aki Akane, c'est un look extravagant et attirant, des chansons rock au tempérament énergique, une voix forte et rude, parfois entêtante, mais qui se laisse écouter. L'artiste est également connue pour ses talents d'illustratrice qu'elle n'a pas hésité à mettre en œuvre pour la réalisation de certains de ses clips, comme celui de Rolling Girl, ou de ses pochettes de CDs.
Mais en se rendant au J.E. Live House pour assister à son showcase, on finit par se dire que les apparences peuvent parfois être trompeuses et que ce dit showcase est loin d'être à l'image qu'on a pu se faire à travers les illustrations et les morceaux de la jeune fille.

Dans un calme presque pesant, l'artiste entre en scène en compagnie de ses deux danseuses et se positionne au centre, attendant que la machine se mette en route. Soucis de réglages au niveau de la bande son ou pas, on ne sait pas trop, le showcase met du temps à démarrer et la musique à se faire entendre.
Quand les premières notes résonnent, on se sent enfin soulagé que le showcase commence. Mais au final, soit on entre (difficilement) dans l'ambiance du concert, soit on regrette d'avoir mis les pieds au J.E. Live House à cette heure-ci...

© † Parasite Scene † - Kimi

Musicalement, le rythme est assez entraînant avec une bonne ligne de basse et des riffs énergiques. Le soucis est que les musiciens sont remplacés par la bande son. Cette absence fait défaut, rendant la scène vide et la qualité du son moins naturelle et moins profonde. Il faut se contenter des deux danseuses qui apportent malgré tout de la vivacité et qui par la même occasion incitent le public à bouger.
Pourtant Aki a de la voix, ce n'est pas la chose qui manque. Une voix intense et frissonnante, excepté lorsqu'elle part dans les aigus. Cela prouve qu'elle porte bien son nom de Screaming Cinderella. On le ressent lorsqu'on entend les titres commes Rolling Girl ou Flash Back.

Mais voilà, on a Aki Akane en face de nous et Aki Akane ne dégage rien. Pas la moindre émotion ni la moindre étincelle. Elle reste quasi statique, bouge à peine, ne parle pas. Derrière ses lunettes de soleil, l'artiste se contente de chanter et... c'est tout.

© † Parasite Scene † - Kimi

Après trois chansons, un entracte de dix longues minutes vient couper le showcase le temps que l'artiste se change et revienne pour une ballade. Sachant que dix longues minutes sur une performance de 3/4 d'heure ce n'est pas rien, est-ce vraiment nécessaire ? Cette perte de temps a de quoi lasser et couper l'audience dans son élan. On aurait préféré dix minutes durant lesquelles Aki aurait pu s'essayer au français et parler avec les fans.

© † Parasite Scene † - Kimi

Aki Akane termine finalement le showcase par un petit rappel avant de quitter définitivement la scène aussi vite que l'éclair en n'oubliant pas cependant de juste saluer le public en remerciement. Ce dernier reste satisfait et acclame vivement la chanteuse malgré un manque d'extraversion.

Aki aurait pu livrer un showcase remarquable si elle avait cherché à plus interagir avec le public et en évitant de montrer une image d'une artiste juste venue pour "faire son show et puis s'en va". Le simple fait qu'elle ne dégage pas plus d'entrain et se soit juste contenté de chanter et d'hurler dans son micro n'a pas pu rendre ses titres appréciables en live, alors que pourtant, la plupart de ceux-ci le sont sur CD. Performance peu convaincante et décevante.

© † Parasite Scene † - Kimi


Kao=S

Pour faire basculer la balance et pour ne pas nous inciter à quitter les lieux, c'est Kao=S qui prend la relève après le passage d'Aki Akane. Quatuor formé en 2011, et assez reconnu aux Etats-Unis grâce à sa performance donnée au SXSW 2012 (grand festival au Texas), Kao=S s'est décidé à envahir cette fois l'hexagone par sa présence à Japan Expo.

Kao=S sera tout l'inverse d'Aki Akane et relèvera le niveau du programme du J.E. Live House. Mélangez rock, musique traditionnelle et art martiaux : vous obtenez Kao=S. Si le chant n'est pas aussi présent, la musique, somptueux mélange de guitare acoustique, shakuhachi (flûte japonaise) et shamisen, est entraînante et transporte la foule.

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Ce sont d'abord les trois musiciens, Shuji, Jack et Daisuke qui entrent en piste et démarrent avec Sakura Kaoru. La mélodie douce se retrouve parfois secouée par quelques notes de shamisen par Jack qui joue avec énergie. Lors de ses solos, comme pendant le titre Night roar of Kyoto, le musicien s'avance au bord de la scène et enchaîne avec vitesse et notes tout en faisant vivement vibrer les cordes de son instrument.

Des musiciens qui maîtrisent leur jeu. Mais il y a aussi Kaori, seule femme du groupe, qui est aussi là pour mener le spectacle. Celle-ci apparaît d'abord vêtue d'un kimono et munie d'une ombrelle pour d'abord faire entendre sa voix apaisante, parfois accompagnée par celle du guitariste, Shuji. C'est également elle qui se charge de prendre la parole au nom de la formation pour remercier le public et pour s'essayer au français.

© † Parasite Scene † - Kimi

Puis le registre change lorsque la chanteuse lâche son micro pour enchaîner les pas gracieux avec son sabre, se cacher derrière son masque de kabuki et laisser échapper quelques pétales de fleurs de cerisiers. Tout un jeu et une mise en scène qui fait de ce showcase un mini-spectacle hors du commun où l'histoire de chaque morceau est racontée à travers la danse, y compris Sakura no Oni ~ogre of the cherry tree~, que beaucoup dans le public attendaient. Si cela manquait certainement de décors et de bien meilleurs jeux de lumières, la présence et l'énergie des membres y étaient et ont su captiver et faire planer l'audience.

En fusionnant ces deux genres que sont le rock et la musique traditionnelle, Kao=S a offert une performance remplie de beauté et de passion avec des chorégraphies maîtrisées. Un groupe qui a transporté son public dans un autre monde, lointain et exotique.

© † Parasite Scene † - Kimi


NINJAMAN JAPAN

On reste dans le spectacle, mais cette fois un spectacle un peu plus burlesque et comique avec NINJAMAN JAPAN. Rien qu'en entendant le nom, on devine tout de suite le concept. Et cela ne loupe pas puisque les premières personnes que l'on aperçoit sur scène sont... des Ninja ? Oui, et des Ninja ennemis qui annoncent être là pour combattre les membres de NINJAMAN JAPAN. C'est ce que l'on comprend dans leurs répliques en japonais, traduites en français et diffusées sur les écrans géants du hall.

C'est alors que les membres du groupe apparaissent à leur tour sur scène, non pas pour démarrer la première chanson, mais pour enchaîner les combats avec les ennemis sous les airs de NINJAMAN JAPAN No Theme. Bruitages des coups et gestes parfois dans le vent, cette entrée tourne presque en ridicule mais amuse le public. Certaines "cascades" sont tout de même réussies. Le concept est au moins solide et bien poussé et permet au groupe de se démarquer de tous ceux issus de la scène Visual Kei actuelle qui ne réserve plus vraiment de grandes surprises.

© † Parasite Scene † - Kimi

Après ce premier affrontement, les membres de NINJAMAN JAPAN reprennent leur statut de musicien pour enchaîner les titres comme Raijin et Hanamuke. De ce côté, le groupe est on ne peut plus normal. Les morceaux sonnent typiquement Visual Kei et ne font rien découvrir de nouveau. Mais ils s'avèrent malgré tout efficaces et la performance reste convaincante. Les solos s'enchaînent bien, les envolées vocales du chanteur SARINO tiennent la route, chaque membre joue avec vigueur. Malgré quelques défauts au niveau du réglage du son, ne laissant pas toujours entendre la voix du chanteur.

Très présents et communicatifs, les membres multiplient les déplacements sur scène et s'avancent à plusieurs reprises pour interagir un maximum avec les fans. SARINO glisse plusieurs "Bonjour !" entre deux couplets et exprime pendant quelques pauses sa joie d'être présent en France, ce showcase rapprochant un peu plus le groupe de son rêve de vouloir partir un jour en tournée mondiale. Après près de 3/4 d'heure de show, les membres effectuent une nouvelle série de combat avant de terminer avec une dernière chanson et de saluer le public pour enfin quitter la scène.

© † Parasite Scene † - Kimi

Une performance animée et amusante qui aura ravi les fans ainsi que les petits curieux lors des journées du vendredi et du samedi à Japan Expo puisque le groupe a en effet donné deux showcases lors de la convention.


Retrouvez prochainement dans la deuxième partie de notre dossier Japan Expo le compte-rendu des performances de May'n, Urbangarde et Nightmare !

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