12 février 2013

Conférence de Presse de Jolin Tsai, William Wei et Salamander à Paris

© † Parasite Scene † - Kimi


Le 30 janvier 2013, Jolin Tsai, William Wei et Salamander, trois artistes de la scène musicale Taïwanaise étaient de passage à Paris à l'occasion de la Taïwan Music Night au Trianon. † Parasite Scene † était présent sur les lieux pour assister à la conférence de presse qui s'est tenue juste avant le show, où les artistes à l'affiche, mais aussi d'autres personnalités pour qui la musique Taïwanaise n'est pas inconnue, étaient présents.

Ce soir-là, la Taïwan Music Night rassemblait des artistes aux styles musicaux variés de la scène Taïwanaise ; le duo electro Salamander, le chanteur folk pop William Wei, considéré comme le Jason Mraz asiatique, et la reine de la pop asiatique, Jolin Tsai.

Cet évènement faisait suite au MIDEM 2013 qui s'est tenu à Cannes. Le MIDEM 2013 s'est intéressé au cas de deux artistes internationaux : Jolin Tsai et le compositeur de musique électronique français, Jean-Miche Jarre, qui fut le premier musicien occidental autorisé à se produire en Chine. Son but, ainsi que celui du concert, était d'illustrer la collaboration entre les professionnels internationaux et taïwanais pour la production de musique et de concerts ainsi que des projets futurs de collaboration pour des spectacles de grande envergure en Europe et en Chine dans le cadre du projet global Oxygene, débuté par Jean-Miche Jarre.

Ce qu'on retiendra donc de cette entrevue est que Taïwan est prêt à continuer son expansion à l'échelle mondiale, en poursuivant les collaborations et les tournées partout dans le monde. Représenté ce soir par des artistes de talents, l'île située au sud-est de la Chine était prête à conquérir encore une fois le public français.

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Eric de Fontenay, président de MusicDish*China, qui met l'accent sur la musique mandarin, s'est ainsi présenté et a mené à bien la conférence pendant une trentaine de minutes. Tout d'abord, Eric de Fontenay a souhaité remercier le ministère de la culture taïwanaise ainsi que Great Capital Arts Entertainment pour le support apporté au projet et pour avoir permis de réunir des invités internationaux venus aider à promouvoir la musique taïwanaise en France, puis tout particulièrement l'ambassadeur de Taïwan en France, Lu Qinglong qui par la suite est venu dire quelques mots sur les efforts pour organiser les tournées internationales avec les grands artistes taïwanais.

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Lu Qinglong : Bonsoir, Mesdames et Messieurs. C'est une immense joie pour moi de pouvoir partager avec vous cette soirée. Dès la création de notre ministère de la culture le 20 mai l'année dernière, notre ministre écrivain a accepté de travailler dans le domaine de l'échange culturel. Cette soirée est une grande première pour le ministère mais pas pour Taïwan. Parce que depuis des années, depuis quatre cinq ans, nous avons changé et mondialisé les stratégies de communication avec nos amis et en particulier nos amis parisiens. Auparavant les groupes et artistes taïwanais se rendaient uniquement au MIDEM. C'est bien pour l'économie de la ville mais maintenant ce n'est plus assez et nous ne rentrons plus directement à Taipei désormais. Nous avons changé et réussi à faire une escale à Paris, ce qui est un progrès pour le gouvernement taïwanais. Le marché de la musique chinoise a une valeur de 1,5 milliard de dollars américains. Si Taïwan a aujourd'hui énormément amélioré ses relations avec la Chine, nous savons très bien qu'au sein de la communauté chinoise au sens large que si un chanteur, un écrivain ou un compositeur veut réussir dans ce grand marché, il devra commencer par Taïwan. 85% des résultats ont été accompli par des Taïwanais. C'est la raison pour laquelle notre présence à Paris cache un message important ; travailler et penser avec Taïwan. Taïwan est un pays qui respecte la propriété intellectuelle. Les Taïwanais travaillent correctement, sont toujours disponibles et font preuve de bonne volonté pour concrétiser des échanges avec la communauté internationale. Avec 0,8% de budget national pour la culture et surtout grâce à la présence et surtout grâce à la présence du directeur du centre culturel de Taïwan à Paris, nous sommes sur la bonne voie. Je vous souhaite de réfléchir à collaborer avec Taïwan et je suis là avec Le Guide VERT TAÏWAN de Michelin. Vous savez que Taïwan est bien connu pour ses smartphones HTC, ses produits informatiques ASUS et ACER mais Taïwan est aussi considéré comme une belle île. Les marins portugais l'ont ainsi appelée Formose ("belle") à la fin du 17ème siècle. Je vous souhaite une bonne soirée, du succès et un très bon voyage à Taiwan avec la compagnie EVA Air. Merci et bon voyage !

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Avant de laisser la place à un autre invité, Eric de Fontenay a souhaité faire une petite note en rappelant qu'en 2012 s'était déjà tenu une Taïwan Music Night à Paris, au Divan du Monde. L'évènement gagne de l'ampleur cette année en se déroulant au Trianon et peut-être en gagnera-t-il encore dans un an.
C'est ensuite Fiona Commins, manager de Jean-Michel Jarre qui est venue partager les plans des artistes taïwanais pour des concerts et tournées internationales liés au projet Oxygene.

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Fiona Commins : Bonsoir à tous ! Je suis ici pour représenter Jean-Michel Jarre et pour vous faire partager nos projets de collaboration avec les musiciens, les grands artistes taïwanais et chinois. Comme le disait tout à l'heure Eric, Jean-Michel Jarre a eu le grand honneur d'être le tout premier artiste occidental invité à jouer en Chine il y maintenant de nombreuses années, en 1981. Depuis nous avons l’occasion d'y retourner et de se produire là-bas. Une forte amitié culturelle s'est tissée entre Jean-Michel et nos amis chinois et taïwanais. Nous avons eu l'occasion de promouvoir cette amitié culturelle et ces échanges culturels au MIDEM à Cannes ce week-end et je peux dire que cette amitié n'en est qu'à ses débuts de sa construction. Nous allons créer des ponts qui méritent de mieux faire connaître les artistes taïwanais et chinois ici en Europe et dans le reste du monde. On aimerait aussi ouvrir le chemin de la Chine pour les artistes européens et occidentaux qui souhaitent aller se produire en collaboration avec les artistes chinois et taïwanais. Je pense que pour ceux qui ne connaissent pas vous aller voir ce soir un aperçu de ce qui se fait le mieux à Taïwan et en Chine. On est ravi de partager cela avec vous. Merci !

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Vincent Degiorgio, président et fondateur de Chapter Two Productions et auteur-compositeur et éditeur canadien reconnu mondialement pour avoir participé à 300 albums et dont 25 chansons diffusées en Chine, est également venu pour discuter de son expérience en tant que collaborateur avec les grandes stars internationales. Il nous a notamment parlé de sa collaboration avec Jolin Tsai pour qui il a composé le titre Zheng Yi Zhi Yan Bi Yi Zhi Yan.

Eric de Fontenay : Vincent, pouvez-vous nous expliquer votre expérience et votre collaboration avec Jolin Tsai ?

Vincent Degiorgio : J'ai découvert Jolin Tsai en tant qu'artiste aux évènements de Singapore Hit Awards. J'ai été si impressionné par elle que la rencontrer est devenu un de mes buts principaux afin qu'elle enregistre une de mes chansons. Pendant trois ans, j'ai effectué des aller-retours jusqu'à Taïwan pour essayer d'avoir un rendez-vous avec Sony Music afin de présenter mes chansons. Mais il y a eu quasiment que des problèmes, accidents de voiture et autres. J'ai pu finalement obtenir un rendez-vous qui fut le plus court de ma vie mais j'ai pu fournir cette chanson "très bien" citée en chinois qui fut un succès.
J'ai était très chanceux que Jolin Tsai chante une de mes chansons. Grâce à elle, cela m'a ouvert l'ensemble du marché asiatique ainsi qu'à mes collaborateurs paroliers et j'ai pu travailler avec beaucoup d'artistes de là bas. J'ai procuré des musiques à Shin et Rainie Yang, quatre pour Joanna Wang, six pour Show Luo... Mais mon plus grand souhait est de continuer à travailler avec Jolin Tsai aussi longtemps que possible parce que c'est elle qui a lancé ma carrière. Merci beaucoup.

Ce fut finalement au tour des vedettes de la soirée de se présenter ; DJ Kloette et DJ Phoenix du duo électro Salamander, le chanteur compositeur pop folk chinois, William Wei et la superstar internationale et reine de la pop asiatique, Jolin Tsai.

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Eric de Fontenay : DJ Kloette, DJ Phoenix. Vous avez été pris en charge à vos débuts en 2007 par le producteur Yu-Huan Lee qui est l'un des pionniers de la scène électronique et techno à Taiwan. Pouvez-vous nous décrire cette scène taïwanaise ainsi que l'évolution de son de Salamander ?

DJ Kloette : Un peu après la création de Salamander, j’ai intégré dans mon groupe DJ Phoenix qui connaissait ce producteur très célèbre à Taïwan. Il le seul à bien connaître la musique électronique et à avoir remporté un franc succès dans ce domaine. Phoenix a rencontré Yu-Huan Lee et par la suite ils ont fait de la musique ensemble. Il a appris beaucoup avec lui et seulement après il a pensé à faire sa propre musique.

Eric de Fontenay : Comment votre son a-t-il évolué à travers le temps ? Comment est-ce que la scène a évolué avec vous à Taïwan ? Comment vos influences ont-elles changé ?

DJ Kloette : Cela a beaucoup changé. On a commencé à composer de la musique électronique en 2005. A cette époque, peu de personnes connaissaient la musique électronique et c'était une joie de pouvoir jouer soi-même. Après on a mis nos compositions sur Internet. Internet nous a vraiment beaucoup aidés. Car avant Taïwan, c’était Taïwan. Il n’était pas aussi facile de faire écouter notre son à tout le monde mais Internet a rendu cela possible.

Eric de Fontenay : La musique électronique est souvent vue comme un style pouvant plus facilement traverser les frontières que d'autres. Je sais que vous allez jouer à Paris et peut-être vous produire à Berlin de mois prochain. Quelles sont vos attentes du public européen ?

DJ Kloette : On va faire plus de techno mais pas seulement ça. On va combiner un peu du minimal et du mélodique avec d'autres styles. On a nos armes secrètes.

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Eric de Fontenay : William Wei. Vous êtes vraiment un parfait exemple d'artiste du 21ème siècle qui rencontre le succès indépendamment. Vous avez commencé en publiant votre musique sur des blogs taïwanais qui s'appelle Streetvoice, en 2006. Après ça en 2010, vous avez sorti votre premier album éponyme, écrit, produit et enregistré par vos propres moyens, qui vous a permis de gagner le prix du meilleur nouvel artiste aux 22ème Golden Melody Awards en 2011. Quelles sont les facteurs de votre succès ?

William Wei : Pour moi, c'est venu de la chance et d'Internet. Internet est un super outil mais ce qui faut surtout c'est le contenu, des chansons bien écrites et de bonnes mélodies qui permettent de se faire découvrir par le public. Notamment avec Internet, nous sommes à l'âge de l'explosion de l'information et les gens passent rapidement à autre chose si votre musique ne plaît pas. C'est pour cela que je me concentre énormément sur la création de mes textes et mélodies.

Eric de Fontenay : Vous avez été champion 2007 du concours de chant pour les étudiants dans le show télévisé Happy Sunday sur CTS. Quel est le rôle joué par ces concours de chant pour développer des artistes taïwanais ?

William Wei : La télévision est une plate-forme très visible pour le public. Très rapidement j'ai pu avoir des milliers de fans qui sont venus me découvrir lors de cette émission. Ces concours sont très importants à Taïwan pour faire connaître plus facilement un nouvel artiste.

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Eric de Fontenay : Jolin Tsai, vous avez eu l'opportunité de participer au MIDEM 2013. J'aimerais vous reposer une question qui a déjà était entendue là-bas au MIDEM. Que ressentez-vous sur le fait de travailler sur le nouveau projet de Jean-Michel Jarre ? Pouvez-vous donner quelques informations ?

Jolin Tsai : Jean-Michel est un très grand artiste et j'étais très impatiente de pouvoir travailler avec lui. J'aime beaucoup me produire en concert avec plusieurs artistes différents. On peut produire différentes variétés de sons. Jean-Michel Jarre m’a vraiment beaucoup inspirée.

Eric de Fontenay : Quand j'ai annoncé votre venue au public, on m'a annoncé que vous étiez l'artiste la plus travailleuse de toute l'Asie. Pour vous que représente tout ce travail que vous fournissez ?

Jolin Tsai : J'aime beaucoup m'imposer des nouveaux challenges dans les performances que je fais et cette réputation doit venir de là. Tout ce qui est nouveau m'attire et me pousse à continuer. J'aime combattre les difficultés qui viennent et c'est probablement pour cela que le public pense que je suis une artiste travailleuse. J'en suis fière. J'ai une très forte volonté et je m’entête à devoir accomplir ce que je veux faire. Je tiens aussi à surprendre mon public avec des nouveaux concepts, différents styles dans mes albums ou mes concerts.

Eric de Fontenay : Tout à l'heure, j'ai présenté Vincent Degiorgio qui a réalisé des chansons pour vous. Au MIDEM, vous avez dû rencontrer d'autres producteurs désireux de vous offrir des chansons. En quoi est-ce important d'avoir un son produit par des créateurs internationaux ? Comment travaillez-vous avec ces producteurs dispersés dans le monde entier ?

Jolin Tsai : Je pense qu'il y a de talentueux compositeurs, paroliers et producteurs partout dans le monde. C'est un honneur de travailler et d'avoir de bonnes relations avec eux. Ils nous donnent beaucoup de bonnes idées, des morceaux de culture occidentale qui s'ajoutent et renouvellent notre culture chinoise. Je poursuivrai dans cette voie à l’avenir et je suis contente de pouvoir rencontrer ce styles de personnes à Cannes, ou même ici car il y a l'une de ces personnes en coulisses. Il pourrait me composer une nouvelle chanson.

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Pour terminer, tous les artistes invités à l’évènement se sont rassemblés pour une dernière séance photos.

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Propos recueillis par Kimi et Sunako-Chan Tatji.

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