10 octobre 2010

D'espairsRay le 2 octobre 2010 à la Laiterie (Strasbourg)





A peine un an après une splendide PSYCHEDELIC PARADE en Europe, D'espairsRay annonçait son grand retour sur le sol français dans le cadre de sa tournée mondiale, Human-clad Monsters. Pour cette dernière, le groupe répondait « Présent ! » en ce 2 octobre 2010 dans une ville qu'il connaissait déjà : Strasbourg. Les fans se font nombreux aux portes de la Laiterie pour accueillir le quatuor : français, mais aussi étrangers sont présents depuis le petit matin. Il faut avouer que la future pause du groupe en a incité plus d'un à effectuer le déplacement. Cependant, certains restent sceptiques quant aux capacités vocales d'HIZUMI : malgré ses problèmes de santé, le chanteur sera-t-il apte à tenir jusqu'à la fin comme pour les précédentes dates ? Cela permettra-t-il au groupe d'assurer un show aussi spectaculaire que ceux tenus en 2009 ? Les réponses dans quelques heures...

A l'ouverture des portes, la fosse de la grande salle de la Laiterie se remplit rapidement jusqu'à être pratiquement bondée. Les gradins situés à l'arrière semblent aussi bien encombrés. Pas un sold out non, mais la Laiterie est au final, assez bien remplie, que ce soit de fans ou de personnes étant venues par curiosité. Le spectacle qui va avoir lieu ce soir-là s'implante dans un décor simpliste. La scène, relativement basse et visible par tous, laisse apercevoir les instruments déjà mis en place et qui n'attendent plus que leur maître. En arrière-plan sont brandis deux grands drapeaux rouges éclatants représentant une étrange tête d'oiseau, emblème connu de tous grâce au single LOVE IS DEAD. Il ne manque plus que quelques réglages sonores et la soirée pourra débuter. Peu de temps après ces derniers, la salle plonge dans l'obscurité pour laisser entrer les quatre monstres de D'espairsRay : TSUKASA, ZERO, Karyu, suivis par HIZUMI apparaissent sous une intrigante musique d'intro accompagnée des cris de toute une armada qui ne demande qu'à s'enflammer.

C'est chose faite avec la chanson phare de l'album MONSTERS : DEATH POINT. La noirceur et la lourdeur de ce titre plonge la Laiterie dans une ambiance endiablée. Un début détonnant même si la période la plus noire du groupe reste cependant derrière nous. Les premiers pogos se font ressentir. La fosse se laisse entraîner dans cet univers sombre, s'unissant à HIZUMI pour chanter et hurler à plusieurs reprises « DEATH POINT ! DEATH POINT ! DEATH POINT ! ». Les murs tremblent, l'ambiance est démoniaque, la fosse est déchaînée : vous assistez bel et bien à un concert de D'espairsRay ! En ce début de live, on garde le registre MONSTERS où le groupe enchaîne avec des pistes issues de ce dernier dont dope et 13-Thirteen.


Au summum de son énergie, le quatuor n'éprouve aucune difficulté à chauffer et à faire bouger son public, bien que les mouvements de foule semblent légèrement se réduire à quelques reprises. Certains préfèrent – encore – sortir leur appareil pour obtenir des vidéos ou des photos de piètre qualité plutôt que de profiter pleinement du moment présent. Outre ce manque d'extériorisation qui sera de courte durée, une atmosphère chaude et folle parvient à se dégager au rythme des chansons qui défilent. Même LOVE IS DEAD, marquant un contraste et un apport de couleurs au spectacle, parvient à faire sauter toute la salle. HIZUMI n'a qu'à dire : « Jump ! Jump ! » pour que celle-ci s'exécute. D'espairsRay fait également retomber la pression avec les magnifiques Infection et abyss où la luminosité se réduit faiblement. La voix d'HIZUMI a de quoi en envoûter plus d'un. Une légère brume bleutée fait alors son apparition, ne laissant apercevoir que les silhouettes des quatre musiciens ; c'est le calme avant le retour de la tempête.

Le groupe fait preuve d'une bonne présence en s'appropriant le moindre endroit de la scène. Karyu et ZERO s'échangent régulièrement leur place, tournoyant, s'accroupissant et headbanguant. TSUKASA, un peu en retrait mais pas pour autant oublié par ses fans, dégage une énergie détonante en cognant de toutes ses forces derrière sa batterie. Quant à HIZUMI, il n'hésite pas à se positionner et à faire de nombreux allers-retours au bord de la scène, agitant les bras et réclamant à chacun de faire sortir le monstre qui est en lui. Ces approches réveillent d'ailleurs plus d'une hystérique des premiers rangs, tendant alors ses bras dans l'espoir de pouvoir toucher son idole. Vaut mieux encore cela plutôt que des cris aigus à tout bout de champs. Et, fort heureusement, ceux-ci sont peu fréquents.


Les problèmes de santé d'HIZUMI sont mis de côté. On pourrait presque oublier son départ en convalescence dans quelques mois. Ce dernier, tout en se donnant à fond, réussit à maîtriser son chant. Sa voix demeure douce et puissante et ses growls impressionnants ; un véritable bonheur pour nos oreilles. Mais le chanteur possède cependant ses limites et n'hésite pas à tendre son micro au public pour s'offrir l'occasion de reprendre son souffle quand celles-ci sont atteintes. Même si les défauts sont moindres sur la performance du groupe, enchaînant parfois trop vite les morceaux, on peut peut-être reprocher son manque de communication, HIZUMI étant le seul à glisser quelques mots en anglais entre deux chansons.

La set list, légèrement écourtée par rapport aux concerts de l'année précédente, contient en plus des titres de MONSTERS, quelques bijoux issus de [Coll:set] et MIRROR ; Abel to cain, in vain et DAMNED entre autres font le plus grand bonheur des adeptes d'une des meilleures périodes de D'espairsRay. Mais c'est Garnet qui réenclenche la fureur dans la fosse, plus déchaînée que jamais ! L'interminable HOLLOW est aussi un moment mémorable du concert où le groupe et son public s'unissent pour chanter ensemble les "Lalala" avant de se retirer en coulisses le temps de marquer une courte pause. Le rappel demeure tout aussi intense avec Reddish et Forbidden, visiblement très attendues et durant lesquelles le groupe et son public offrent le peu d'énergie qu'ils leur restent. Enfin, même si MIRROR n'est pas la meilleure chanson pour clore le spectacle avec en prime les traditionnels lancers de médiators et de baguettes, le live prendra fin en laissant des fans satisfaits et conquis par cette géante prestation.


Encore une fois, D'espairsRay a su montrer son talent sur le devant de la scène et qu'il était un groupe à voir et revoir en concert. Les soucis de santé d'HIZUMI ont été oubliés le temps d'une soirée et le quatuor a pu assurer une vraie parade de démons. Cette avant-dernière date de la tournée Human-clad Monsters restera un show inoubliable pour les fans qui ont été, en majeure partie, respectueux et dynamiques. Nous n'avons plus qu'à souhaiter le meilleur rétablissement à HIZUMI et un repos amplement mérité au groupe en attendant son prochain retour.


SET LIST

DEATH POINT
dope
REDEEMER
LOVE IS DEAD
13-Thirteen-
Abel to cain
DAMNED
in vain
Infection
Human-Clad Monster
DEVILS' PARADE
abyss
Lost in re:birth
TRICKSTeR
HOLLOW
Garnet

Rappel

Reddish
Forbidden
MIRROR

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire